Depuis l’antiquité, en 600 av JC, notre région est productrice de vins, car des archéologues ont trouvé des vestiges de jarres spéciales pour la conservation du vin. Au village a été découvert un four de potier, avec des moules d’amphores.

Transmis de père en fils

EMILE GUIGUE (1856-1938), arrière grand-père de Pierre, vinifiait dans des tonneaux de bois. Puis, vers 1900, il a fait bâtir les premières cuves en ciment, enterrées.
Dans les années 1880, le vignoble a été entièrement détruit par le phylloxéra (puceron américain introduit par accident en Europe)
Heureusement, l’exploitation était alors en polyculture, ce qui permit à Emile de subsister. Il dût recréer tout le vignoble, à partir de porte-greffes américains, résistants au phylloxéra.

LOUIS GUIGUE (1899-1981), grand-père de Pierre,
Améliore les conditions de vinification, par l’agrandissement de la cave, en 1924, toujours de cuves en ciment, mais aériennes. Il s’équipe d’un premier pressoir hydraulique à claies de bois qui fonctionne encore parfaitement, et que nous pouvons encore utiliser.
Après 1945, la culture intensive étant prônée par l’état, le domaine est composé d’une centaine d’hectares, moitié vignes, moitié fruitiers. Les rendements de vin sont très élevés : environ 120 hl à l’hectare, ce qui donne un vin peu alcoolisé (8à10°), considéré alors comme une boisson aliment énergétique. Les ouvriers agricoles emportaient chaque jour plusieurs litres de vin par personne pour se désaltérer.
Le vignoble sera divisé entre les trois enfants de Louis.

CLEMENT GUIGUE, né en 1929, père de Pierre,
Refuse les principes de l’agriculture intensive, car cela implique l’utilisation de produits chimiques. Très sensible à l’environnement, il défend et applique les méthodes d’agriculture biologique Lemaire Bouchet en 1970.
Il modernise la cave avec une unité de réception de la vendange, foulage et acheminement dans les cuves par pompage.
Les vendanges sont réalisées à la main avec des équipes d’ouvriers espagnols, ainsi que des étudiants.
Son domaine sera partagé entre ses deux fils en 1995.

PIERRE GUIGUE, né en 1957,
Devenu agriculteur en 1983, avec seulement 3 Ha de vignes en location et 4 Ha d’asperges en propriété Cette année-là, il achète une machine à vendanger et travaille à façon pour d’autres vignerons. C’est le tout début des machines à vendanger dans la région.
Ce n’est qu’en 1995 que son père lui a transmis 5 Ha de vignes et de la terre nue. Dés lors, il n’a eu de cesse de planter des vignes avec des cépages qualitatifs, pour arriver aujourd’hui à 18 ha, dont 12 ha classés en AOC Côtes du Rhône depuis 2001.
Ses investissements à la cave portent sur l’acquisition d’un égrappoir pour séparer les parties herbacées de la vendange d’avec les baies, ainsi qu’un pressoir horizontal pour gagner du temps.
Les nouvelles cuves sont en inox et en fibre de verre.

JULIEN GUIGUE, né en 1983, s’est installé en juillet 2007 en société avec Pierre et Christine, ses parents.
Il ne peut que perpétuer la philosophie « bio » dans laquelle il a grandi.
Quelle touche personnelle va-t-il amener au domaine ?

L’année 2008 voit arriver la plantation d’oliviers afin de produire de l’huile d’olive bio.


NOTRE DEMEURE

C’est un mas typiquement provençal, construit en plusieurs étapes.
Lors des travaux de restauration, nous avons pu lire son histoire.

La partie des gîtes est la plus ancienne : c’était une bergerie datant du début XIX eme siècle. Elle est ensuite devenue une magnanerie, lieu de culture des vers à soie.
Cette production ayant disparue de la région depuis que la soie synthétique est apparue, la bâtisse a servi de grange pour stocker le foin des chevaux, et d’écurie. Enfin, quand les tracteurs ont remplacé les chevaux, vers 1960, notre grange est restée à l’abandon avant de trouver sa vocation de gîte, en 2003.
La partie de notre habitation est plus récente, bâtie entre 1914 et 1918 par un arrière grand-oncle de Pierre. La génoise et les pierres de taille angulaires étaient à l’époque réservées aux propriétaires aisés. C’est de cette époque que vient la dénomination « du chapelier » : les femmes du domaine portaient de grands chapeaux, signes de distinction, et je pense que c’est avec beaucoup d’ironie que les gens du village appelaient les Guigue du « chapelier », pour les distinguer des autres Guigue, car c’était et c’est toujours une très nombreuse famille.
Pendant quelques trente années, de 1950 à 1980, la maison a été occupée par des ouvriers agricoles du domaine qui développèrent pour leur compte l’élevage du lapin. En témoignent les clapiers restant dans le futur caveau.
En 1980, Pierre se marie et souhaite vivre dans cette maison, comme il en rêve depuis l’enfance. D’énormes travaux de restauration s’imposent, qui vont s’étaler sur 20 ans, en plusieurs étapes.
Et c’est seulement en 2002 que la restauration de la partie gîte est entreprise, avec deux objectifs majeurs : d’abord la conservation de notre patrimoine bâti (la grange s’écroulait), et ensuite le désir de le voir revivre. Notre goût pour les relations humaines nous a amenés au choix de partager notre environnement avec des gens de tous horizons….et on ne l’a jamais regretté !




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